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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 22:52
Poème: C'était vachement bien!
Poème: C'était vachement bien!

Elles s'appelaient Margot, Blanchette ou bien Princesse,

Dans leur regard paisible on lisait la sagesse,

Elles rythmaient les saisons au moment des vacances,

Les vaches de mon grand-père qui peuplaient mon enfance.

J'aimais leur nez humide, comme si de la rosée

Sur le mufle brillant venait de se poser,

Dans les yeux en miroir on lisait l'affection

Des colosses au cœur tendre pris de contemplation.

Exhibant sans complexe leur pesanteur burlesque,

Pour célébrer la joie de façon pittoresque,

On les voyait danser dans les verts pâturages,

Jeter les fesses au ciel dans leurs batifolages.

Alors que le front fier affichait sa superbe,

Les nonchalantes mâchoires, où pendait un brin d'herbe,

Se lançaient, humblement, dans une rumination

Qui faisait d'elles les reines de la méditation.

À l'étable en soirée, la chaleur animale

Unissait homme et bêtes dans un bon sens rural,

Pour écarter les mouches les queues fouettaient les peaux,

Tandis qu'un lait écru moutonnait dans le seau.

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 13:33
Poème: Le peuplier de mon enfance

  

Ancré à vie dans ma mémoire,

Il présidait à mon enfance,

 

Celui qui servait de perchoir

 

Aux oiseaux, les nuits de silence.

 

Flagellé par les vents méchants,

 

Battu par les grêles assassines

 

Le peuplier, mon roi des champs,

 

Trônait au milieu des collines.

 

 

 

Émergeant du flou matinal,

 

Sur un fond gris d'aube naissante,

 

On aurait dit une cathédrale

 

Qui veillait fière et bienveillante.

 

Il tendait les bras, comme des ailes

 

En prière tournées vers les cieux,

 

Bruissait de ses feuilles d'aquarelle

 

Et dansait un ballet gracieux.

 

 

 

Torche géante au pied d'argile,

 

Il a fini par succomber,

 

Trahi par ses racines fragiles,

 

Droit comme un fou il est tombé.

 

Quand j'entends hurler la tempête,

 

Je ne peux m'endormir le soir,

 

Mon cœur chagrin devient poète

 

Et fait des vers à sa mémoire.

 

 

  

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 09:56
Poème: Qui a touché l'amour le conserve à ses lèvres
Poème: Qui a touché l'amour le conserve à ses lèvres

Qui a touché l'amour le conserve à ses lèvres,
Entretient sous la peau les frissons de la fièvre.
Il s'en vient, il s'en va, mais jamais il ne meurt
Car le fond de notre âme résonne de sa clameur.

Les rides en mon visage, témoins de ta jeunesse,
Dans lesquelles s'écoulait le flot de notre ivresse,
Me rappellent aujourd'hui que le temps a passé
Mais que le souvenir n'a pas été chassé.

Dans l'ancien lit défait qui sent encore l'amour,
Derrière les volets clos qui nous cachaient du jour,
Je revis les transports de nos chairs épuisées,
De nos mots chuchotés, des gestes improvisés.

Je t'aimerai debout jusqu'au dernier regard,
Jusqu'au dernier moment, sans jamais un écart,
Les narines englouties dans tes cheveux frisés,
Enivré des parfums qui m'ont souvent grisé.

Qui a touché l'amour le conserve à ses lèvres.
Comme un bijou marqué du poinçon de l'orfèvre,
Il embellit mon cœur. Je veux t'aimer encore,
T'aimer à vie jusqu'à en faire trembler la mort.

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 09:53
Poème: La chambre bleue

C'est une chambre d'amours, peinture bleue éraflée,
Témoin des longs soupirs montés du lit défait,
La comédie humaine se joue entre ses murs,
Dans l'univers discret du sommier qui murmure.

Dans ce havre de paix pour des ébats peu sages,
Miroir des habitudes pour amants de passage,
Les murs bleus sont complices des preneurs de tendresse
Qui viennent y raconter leur peine et leur détresse.

Éclipse inavouable pendant l'après-midi,
Ce bain de volupté, pour braver l'interdit
Des corps qui s'abandonnent aux caresses volées,
Fait oublier, un temps, les bonheurs envolés.

Théâtre de la vie qui se joue à huis clos
Dans les ombres du jour, entre rires et sanglots,
Le rêve transgressif tout d'un coup devient vrai
Et redonne un espoir aux journées désœuvrées.

C'est une chambre bleue qui n'ouvre ses persiennes
Que quand le ciel s'apprête à la nocturne scène,
Les derniers rais du jour, lors, balaient les histoires
Et les secrets des hommes d'un monde en blanc et noir.

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 09:49
Poème: Je suis un verbivore

Les mots me permettent d'entrouvrir
Des portes qui donnent sur un espace
Que je me dépêche de remplir
Avant qu'un autre prenne la place.
Ils sont ma façon de me taire
Ou de hurler sans faire de bruit,
Un moyen des plus salutaires
Pour mettre à l'index les ennuis.

Les mots sont une histoire d'amour
Entre soi, les choses et les gens,
Ils peuvent danser avec humour,
Être obligeants ou dérangeants,
Moi, je les adore fantaisistes,
En liberté et poétiques,
Lorsqu'ils font les contorsionnistes
Sans pourtant tromper l'esthétique.

Les mots sont une respiration
Qui purifie le corps et l'âme
Dans la vraie vie ou la fiction.
Je les brandis comme l'oriflamme,
Qui, dans le vent, bat fièrement,
Pour regrouper les égarés,
Les attirer comme un aimant
Avant qu'ils soient accaparés.

Tes mots dans mon lit font des miettes
Qui viennent me parler dans la nuit,
Ils s'agitent comme des marionnettes
Pour réveiller mes rêves enfouis,
Ils rock'n'rollent et se mélangent
En un concert jubilatoire. 
C'est des bouts d'amour que je mange
Afin qu'ils me disent ton histoire.

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 09:46
Poème: Bruits de casseroles
Poème: Bruits de casseroles

Tête haute et mains propres, nos élites politiques,
Irréprochables élus aux discours ambitieux,
N'ont de cesse de mentir et de souiller l'éthique
Qu'ils jurent de protéger, les yeux bien dans les yeux.

Elle est belle la brochette de ces hommes et ces femmes,
Représentants du peuple, qui s'en mettent plein les poches,
Cocufient l'électeur sans aucun état d'âme.
L'argent n'a pas d'odeur, ni à droite ni à gauche!

Magouilles, emplois fictifs, fraude et exil fiscal,
La liste est bien trop longue des régaliens délits.
Les déboires judiciaires aux effluves fécales
Ternissent la République et salissent son lit.

On exhorte le peuple à serrer la ceinture,
On prône l'austérité sans l'appliquer à soi.
Que l'oligarchie crève avec son imposture!
Elle spolie l'ouvrier pour soigner l'entre-soi.

Mesdames et messieurs, tripatouilleurs de France,
Les gens d'en bas ne croient plus à votre parole,
Ils vous voient en apôtres de la désespérance,
Vous reconnaissent de loin, au bruit des casseroles.

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 16:57
Poème: Écrire, comme une évidence

Tout comme un bûcheron qui joue de sa cognée,
J'abats sur le clavier mes mains en liberté,
En peine avec les mots mais jamais résigné
J'ahane au labeur qui consiste à les dompter.

Chaque ligne est une lutte et une libération,
Parcours du combattant, le bonheur est au bout.
Je corrige sans arrêt, tendu vers l'obsession
D'ensorceler le verbe, jouer au marabout.

C'est une grande émotion que ciseler une phrase
Quand autour de celle-ci, plus rien d'autre n'existe,
Dès qu'elle chausse ma pensée, je demeure en extase
Pendant le court instant où je me sens artiste.

L'univers de l'écrit est tout en paradoxe,
Comme un loup solitaire dans une prison dorée,
Je pourchasse les idées, les débusque et les boxe
Pour les ouvrir au monde et donc les honorer.

Stakhanoviste de la plume jusqu'au vertige,
Dans les mers abyssales je traîne en écumeur
Et je tutoie les cimes sur lesquelles je voltige,
À la recherche de mots qui épousent mon humeur.

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 11:46
Poème: La porte

Je me rappelle une vieille porte
Qui vit au fond de ma mémoire,
Quand je la revois, elle m'apporte
Des souvenirs qui donnent espoir.
Quelques milliers de fois ouverte
Et aussi souvent refermée,
Elle s'ouvrait sur des découvertes,
Rêves éveillés ou fantasmés.

J'attendais qu'elle s'ouvre au jour,
À ses rayons venus du ciel
Pour voir les amis, les amours,
Et leur cohorte de nouvelles.
Je guettais le bruit du loquet,
Celui des pas dans l'escalier,
Rendez-vous à ne pas manquer,
L'avenir est sur le palier.

On connaît trop de portes, lasses
D'être depuis longtemps fermées,
Derrière lesquelles les angoisses
Sont difficiles à réprimer,
Pourtant elles ne cessent d'inviter
À franchir leur seuil accueillant,
Elle provoquent la curiosité
Les jours de soleil bienveillant.

J'ai souvent été protégé
De la frénésie de la rue,
Du vent et des bruits étrangers,
Du froid, insupportable intrus,
Je me rappelle cette vieille porte
Qui grinçait d'un air suranné,
Et aujourd'hui il m'insupporte
Qu'elle soit à jamais condamnée.

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 18:51
Poème: La vie n'est pas une ligne droite
Poème: La vie n'est pas une ligne droite

La vie est un cours d'eau qui fuit vers l'inconnu

De méandres soudains en filets continus,

Elle tisse les fils du temps par les monts et les vals

Et n'en fait qu'à sa guise sans avoir de rival.

 

Si l'on tombe parfois sur des pierres qui roulent,

On reprend l'équilibre avant qu'elles ne s'éboulent,

Les virages de la vie sont porteurs d'expériences

Dont on apprend beaucoup avec de la patience.

 

Quand surgit un problème, ce n'est pas une fin

Mais un commencement qui nous mène aux confins

De cieux inattendus. Le murmure des ruisseaux

Rythme les aubes grises et le chant des oiseaux.

 

Le chemin le plus court d'un endroit à un autre

N'est pas la ligne droite mais le rêve qui est nôtre,

Il est tout en détours, sinue dans la nature,

De coups durs imprévus en géniales aventures.

 

Le sentier de la vie nous conduit à la mort,

C'est pourquoi tout au long, à pleines dents on mord

Dans les fruits du destin. On renverse les barrières

Pour ouvrir grand la voie vers l'école buissonnière.

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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 14:41
Poème: Aimer à n'en savoir que dire

Cela fait bien longtemps que mon étoile sauvage

A rencontré la tienne. Elles se sont réunies

En un baiser douceur, savourant le breuvage,

Ce nectar de l'amour au goût indéfini.

Protégés par le ciel, nous suivons le chemin,

Emportés par des rêves n'appartenant qu'à nous,

Nous combattons ensemble, sans nous lâcher la main,

La marée de mes veines bien calée sur ton pouls.

Aimer comme je t'aime n'a pas d'explication.

L'Amour fuit la logique et la maîtrise des sens,

Il respire par les pores avec obstination

Et fait de chaque jour une nouvelle naissance.

Il fait trembler mon corps et hésiter ma voix,

Envahit ma poitrine de fourmis amicales,

Qui parcourent mon esprit et mon âme en émoi,

Il déclenche sous ma peau un orage tropical.

Ici-bas nous luttons, mais nous aimons aussi.

En fidèle âme sœur, je veux t'accompagner

Dans les matins de brume et dans les éclaircies,

Aller au bout des temps et des espoirs gagnés.

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