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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 10:06
Poème: Les pommes de Vénus
Poème: Les pommes de Vénus

 Les rondeurs devinées dans l'écrin de la nuit

Accélèrent le tempo des tic-tac de mon cœur,

Elles chassent de mon esprit les démons de l'ennui,

Qui entraînent avec eux les marées de rancœur.

 

La fermeture éclair se promène sur ses reins,

S'éternise en caresses le long de la peau nue;

Lentement apparaît le galbe de ses seins

Qui frissonnent légèrement sous le tissu ténu.

 

Ces doubles monts d'orgueil palpitant dans le noir,

Dont le frémissement ressemble à du velours,

Font planer dans l'espace les ombres de l'espoir

Et redonnent à l'instant ses habits de glamour.

 

Ces seins nus arrachés à l'obscurité blême,

Sont les lampions de l'âme qui éclairent mon ivresse

Dans la moiteur du corps, dont ils sont les emblèmes.

Le temps suspend son vol dans le val de tendresse. 

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 12:27
Poème: Frissons d'automne

L'automne, de ses couleurs, a envahi les cieux
Et la brume matinale vient embuer mes yeux,
Le fond de l'air frileux plaît aux premières violettes
Qui accueillent la nature dans sa nouvelle toilette.


Jouant leur chant du cygne, les feuilles de Prévert,
Fatiguées de soleil, se préparent à l'hiver;
Pour leur dernier ballet, silhouettes vaporeuses,
Elles divorcent de leurs arbres, délicates et dormeuses.


Les bois léchés de rouille s'abandonnent au murmure
Des feuillages agités par les fières ramures,
Mais lorsque le jour tombe, ils recouvrent d'une taie
Les taches de rousseur dont la lumière se tait.


Les violons de l'automne qui jouaient pour Verlaine,
Égrènent leurs sanglots longs en timides cantilènes.
Sans quitter l'horizon, le soleil vient s'asseoir
Sur les murs qu'il habille de la pourpre du soir.


Dans les ombres étirées sur les mauves lointains,
J'entrevois un visage dont le cuivre du teint
Scintille d'un faible éclat, pour me faire un signal
Dans la douceur fanée du frisson automnal.

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 22:10
Poème: Les lendemains de toi

Les lendemains de toi, dont les matins sont pâles,
Abandonnent leur buée sur mes vitres opales,
Et mon repaire sauvage, qui couvait nos trésors,
Dissimule mes espoirs perdus en plein essor.

Tes sourires et tes joies, ces lumières de bonheur,
Envahissent ma poitrine, berceau de ma douleur,
Tes regards, tes baisers, défis lancés au ciel,
Déferlent sur mon chagrin en une pluie torrentielle.

Les lendemains de toi ont pris un goût amer,
Ta silhouette envoûte des miroirs éphémères,
Ton seul nom, dans ma voix, déclenche un trémolo
Quand j'aperçois tes yeux dans les reflets de l'eau.

Je pourrais pour te plaire, devenir grand et beau,
Retrouver ma jeunesse, rallumer le flambeau,
Mais l'été passionné a perdu sa violence
Et l'automne s'est paré d'un halo de silence.

Mon cœur en quarantaine attend que passe l'hiver,
Le printemps fleurira et réchauffera mes joues, 
Et si ton ombre pousse mes volets entrouverts,
Nous réinventerons les lendemains de nous.

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 17:19
Poème: Les bras de Morphée

Le rêve, boîte à images, cinéma du sommeil,

Me permet d'exister, d'entreprendre et risquer,

Il me sort de mon lit et me prend par l'oreille,

En voyage décalé, me voici embarqué.

 

Sa course folle pour me rapprocher des étoiles,

Me transforme un instant en héros de ce monde,

Et lorsque sur ma vie, la grisaille jette un voile,

Sur le dos des nuages, je cours, je vagabonde.

 

Le rêve est la récré, défoulement de l'esprit

Qui impulse de la force à mes jambes, à mes bras,

Il donne à respirer quand mon âme est aigrie

Et trouve le sésame pour me tirer d'embarras.

 

Notre monde intérieur est porteur de fantasmes,

Géniales incohérences, qui créent un équilibre

Face au réel, mordant et froid comme un sarcasme,

Le rêve est mon cocon dans lequel je suis libre.

 

Aujourd'hui on suffoque de la vie quotidienne

Qui supprime les couleurs et nous harcèle sans trêve,

Gageons que l'évasion, l'échappée magicienne,

C'est la grandeur de l'homme révélée dans le rêve!

 

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 09:05
Poème: L'enfant
Poème: L'enfant
Poème: L'enfant

« L'enfant, c'est un feu pur dont la chaleur caresse » Victor Hugo

Les mains dans le coffre à jouets,
Il est si beau l'enfant qui rit!
Par son caractère enjoué 
Et son visage toujours fleuri,
Il est la grâce de l'existence
La source naturelle de tendresse,
Le fruit béni de l'espérance,
Le feu dont la chaleur caresse.

L'enfant est pur et sans orgueil,
Sa beauté est sans vanité,
Jamais on ne voit dans son œil
Des airs de supériorité.
Il n'a personne à sa hauteur
Pour rendre l'amour qu'on lui donne,
Comme il n'est pas calculateur
Il ne craint pas qu'on l'abandonne.

L'enfant ne cherche pas le bonheur
Car il en est l'incarnation,
Il n'a de cesse d'y faire honneur
Par manifeste inclination. 
Son paradis est dans l'instant,
En innocent pierrot lunaire,
Il sait mélanger, en chantant,
Le réel et l'imaginaire.

Il sait que la petite souris
Et le Père Noël sont magiques,
Mais les adultes n'ont rien compris
À cet univers fantastique
Où l'enfant dessine son chemin
Aujourd'hui, tout en se moquant
Des bêtises que feront demain,
Les hommes qui sont soi-disant grands.

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 09:02
Poème: Elle

Avec elle je regarde les arbres qui grandissent
Pour rejoindre le ciel dans les soirées complices,
Ils s'élancent dans la nuit et tissent de leurs ramures
Un écran protecteur pour mes nouveaux murmures.

Elle a désembrouillé mes vies contradictoires,
Retracé les couloirs voilés de mon histoire,
Fait voler dans le vent les années poussiéreuses
Et éclairé du jour mes pensées ténébreuses.

Elle est mon renouveau, le gai printemps en fleurs
Qui dépêche ses pétales pour me sécher les pleurs;
Quand j'ai des idées noires, si je n’ai sa lumière,
Une aveugle buée ennuite mes paupières.

Les silences pétrifiés, les vides chargés d'angoisse,
Disparaissent par magie chaque fois qu'elle m'embrasse;
Sur mes papilles, ses lèvres abandonnent leur liqueur,
Gourmandise clandestine des battements de mon cœur.

Les éclairs de ses yeux pénètrent comme une lame
Et s'immiscent sans peine dans les voies de mon âme,
Une coulée de miel chaud s'épand comme un remède
Dans ma chair qui succombe à la pluie de lave tiède.

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 09:00
Poème: Passion

« Un homme sans passion est un roi sans sujet » Vauvenargues

En amour comme en mer, le calme plat repose,
Sauf qu'on fait du surplace, que la vie est morose.
Quand l'océan tempête, lorsque les corps font rage,
Fascinants de colère et de désir sauvage,
Dans les flots déchaînés, ils oublient la raison
Pour suivre en délirant la marée de frissons.

Lorsque l'amour-passion nous prend dans son sillage,
On replonge, innocents, dans les enfantillages,
On sent l'agitation que connaissent les gamins
Qui ont passé la nuit à espérer demain.
Qu'il est bon de mourir d'envie pour des bêtises
Quand l'éclair dans les yeux excite la convoitise!

La passion s'apparente au feu de cheminée
Qui prend ses libertés sans être tisonné,
Volcan en éruption, elle brûle sur son passage
Les alertes importunes et les mauvais présages,
Incendie dévorant aux embrasements charnels,
Elle contient dans ses braises des promesses éternelles.

Catastrophe magnifique que celle de la passion
Où l'on court à sa perte avec délectation!
On fonce droit dans le mur, le sourire sur les lèvres.
Ravissement diabolique, elle nous prend dans sa fièvre,
Douce folie outrancière, belle erreur prévisible,
Oui! On en redemande! Faites sauter les fusibles!

 

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 13:11
Poème: Un soir d'hiver

Dans la piqûre aiguë du grand froid triomphant,
Mes rêveuses paupières s’entrouvrent doucement
Et mes yeux engourdis se tournent vers le ciel
Qui scintille sur fond bleu, océan d'étincelles.

 

Une lune pâle distille sa blancheur cristalline
Qui s'en vient effleurer l'ombre noire des collines. 
Tout l’espace est en moi et je sens la froidure
Du silence transi qui bruit d’un sourd murmure.

 

Cette musique intime fait danser dans le noir
Les astres au firmament qui dessinent un espoir,
J’entrevois une flamme, soleil parmi soleils,
Dont la lueur a mis tous mes sens en éveil.

 

Une brillante brûlure de tendresse étonnée
Vient s'étoiler en moi comme pour s'abandonner
Et éclairer d'amour, dans la nuit musicienne,
Le vaste écran tendu de la nocturne scène.

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 13:04
Poème: Sa voix

« L'amour est dans la voix avant d'être avoué par le regard » Balzac

Il y a des personnes dont la voix marque l'allure,
Ce n'est pas si souvent qu'elle est une signature.
Sa voix tremble parfois comme envahie de froid,
Et ses hésitations trahissent le désarroi.

Mais sitôt elle exulte des joies de son enfance
Par des courbes entonnées soulignant sa puissance.
Lumineuse et posée, tout d'un coup elle descend
En cascade, jusqu'au rire franc de l'adolescent.

Il arrive qu'elle arbore un mélange harmonieux
D'inflexions du terroir aux clins d'œil facétieux,
Ou qu'elle se fasse vibrante d'une sensualité
Cousue de sons fripons dans sa tonalité.

Quelquefois belliqueuse, aux accents culottés,
Une voix de feu, mutine, qui chante la liberté,
Qui ne laisse pas le temps de donner la réplique,
Timorés s'abstenir! Qui s'y frotte s'y pique!

Étincelante, espiègle et pourtant désinvolte,
En doute et en pirouette, la voilà qui virevolte,
D'envolées de lyrisme en salves de fantaisie,
Elle aime à se parer d'une touche de poésie.

Elle imprime les époques, et donc la nostalgie,
Les êtres aimés lui ont donné de l'énergie
Et ceux qui sont partis l'ont rendue solennelle.
Dans le silence elle vibre, sa voix est éternelle.

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 13:04
Poème: Pour faire un poème
Poème: Pour faire un poème

À l'instar du sculpteur qui malaxe sa glaise,

Je modèle à main libre, je façonne et je pèse,

Je modifie le galbe d'une phrase insoumise,

Vingt fois sur le métier, je remets l'exercice.

La précision du geste est tout en raffinement,

Je cisèle le mot comme on taille un diamant.

Dans la peau de l'orfèvre qui travaille le cristal,

Je polis ses facettes pour qu'il soit musical.

Musicien absorbé par sa composition,

J'exécute les arpèges de mon inspiration

Et mets en parallèle harmonique et métrique

Pour que s'épousent à vie les mots et la musique.

Tout comme un policier sur une scène de crime,

J'étudie les détails et fouille au corps la rime,

Je recoupe les indices en menottant le thème,

Sans jugements hâtifs, sans jeter l'anathème.

Tel un danseur de corde, je recherche l'équilibre

Sur le fil du poème pour en garder la fibre.

Balanciers de ma plume, les points et les virgules

Me rassurent car je suis, du verbe, le funambule.

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