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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 20:00
Poème: Un été sur l'Aubrac

C'est une étendue rude où le velours des vaches

Accroche en reflets doux la lueur féerique

De la lumière écrue, qui blesse de ses taches

La blancheur du calcaire et le noir volcanique.

Seuls entre azur et terre, dès les premières heures,

Dans le goût sec du vent les lents bovidés paissent ;

Les grands pacages forment une mer intérieure

Sillonnée de sentiers pour les marches d'ivresse.

Une idée de hauteur et puis d'élévation

Surprend le promeneur, qui, dans ce sanctuaire

De la vie pastorale, se livre avec frissons

À ces espaces nus que l'Éternel éclaire.

La majesté des lieux ramène à l'essentiel :

Magie sauvage alliée à la sage puissance,

La beauté de l'Aubrac, forteresse en plein ciel,

N'appartient qu'à celui qui l'épouse en silence.

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 08:27
Poème: L'inconnue du quai de la gare

Nos yeux se sont croisés sur le quai de la gare,

Au moment où le jour choit sur le froid d'automne ;

Elle a volé mon cœur, au tout premier regard,

L'inconnue silencieuse au visage de madone.

Quand je me suis tourné, elle était dans le train,

Dans un long crissement, le convoi s'ébranlait,

Derrière la vitre elle s'est assise vers son destin,

De sa main j'ai cru voir un baiser s'envoler.

Hanté par son image, je reviens chaque soir,

Mes battements de pas rythment ma confusion

Le long de la voie grise où j'entretiens l'espoir,

Mais le temps qui s'écoule dissout mes illusions.

J'ai rendez-vous avec ce singulier passé

Tous les jours de ma vie. Il surgit, m'accapare

Et m'égare un peu plus dans un brouillard glacé,

L'écho de ma mémoire prend des accents bizarres.

Au sortir de mes nuits calquées sur son portrait,

Chaque matin du monde à l'heure où je me lève,

Je repense à ce quai où je l'ai rencontrée.

Suis-je prêt à admettre qu'elle n'existe qu'en rêve ?

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 08:23
Poème: La Dame en son Fortin

L'âme et le cœur dolents, voilà des mois qu'elle guette,

Les yeux noirs embués, tournés en oraison ;

La gente dame attend, depuis son échauguette,

Qu'un noble chevalier surgisse à l'horizon.

Il est parti bien loin guerroyer pour le roi

Et l'a laissée dans le fortin au bord de l'eau ;

Son sein frémit quand on fait sonner le beffroi,

Sa chair lasse espérant l'arrivée du héros.

Elle a souvent rêvé, les longues soirées d'hiver,

De l'homme au corps rugueux qui lui a pris sa fleur

Sur le mâchicoulis, près de la meurtrière ;

Ce souvenir embrase la belle en sa demeure.

Oyez ! Oyez ! Donzelle ! Un chant de troubadour

Préfigure l'arrivée de votre beau guerrier,

Son cheval suit les berges au son clair du tambour,

Sur l'onde on voit briller l'acier du bouclier.

 

La damoiselle émue, esbaudie du retour,

N'écoutant que sa peau et sa tendre brûlure,

Sous l'œil surpris d'un page, s'écrie depuis la tour :

« Dieu fasse qu'il ait encore la clef de ma ceinture ! »

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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 19:03
Poème: Le Buisson Ardent  (sur une idée de Gustave Courbet)

Sur le corps dénudé, mes mains tombent en prière

À l'approche enfiévrée de la colline altière

Sur laquelle a fleuri un sensuel gazon,

Joli Mont de Vénus coiffé de sa toison.

Sous le pelage en soie dressé en auréole,

Un fruit pulpeux, baigné de ses désirs frivoles,

Ose espérer l'offrande surgie de mains expertes

Et de doigts prometteurs partis en découverte.

Bosquet ébouriffé dans lequel je me perds,

Triangle des Bermudes dont j'ai fait mon repaire,

Il est doux le sous-bois où je plonge mon visage

Et m'enivre à l'essence des embruns du voyage.

Dans l'ombre du jardin, à peine je le touche

Un bouton enflammé s'en vient brûler ma bouche,

Aussitôt apaisée d'une perle de rosée,

Qu'un léger flux d'amour est venu déposer.

 

Dans le buisson ardent, les tisons de la vie

Rougissent sous l'effet de mon souffle asservi...

La flambée terminée, ma tête, en ce lieu saint,

Cède au repos lascif sur le douillet coussin.

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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 16:18
Poème: La semblance de toi

Un peu lassé par la recherche de ton image,

J'ai renversé sur le papier de mes nuits noires

L'encrier, dont les mots, noyés dans le naufrage,

Ont du mal à trouver le chemin de l'espoir.

J'ai marché sur nos pas en criant fort ton nom

À la recherche de ton sourire et de tes yeux,

De tes baisers, légers comme des papillons,

Qui caressaient ma joue de leur velours soyeux.

Le vertige de l'amour me donne encore le cœur

D'avancer dans la vie en cherchant ta lumière ;

Dans le livre du temps, le défilé des heures

Rappelle les souvenirs d'un amour incendiaire.

La douceur de ta peau met le feu à mes rêves,

Ton odeur fait son nid au creux des draps brûlants.

Mon âme électrisée, que ta pensée enfièvre,

Rougit de l'impudeur de mes désirs troublants.

Dans le flou matinal de mes paupières froissées,

J'entrevois un visage qui me met en émoi

Et s'en vient perturber le flot de mes pensées...

Mon Dieu, mais n'est-il pas à la semblance de toi ?

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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 16:11
Poème: Miss Norma Jean (ou  Marilyn étoile du monde)
Poème: Miss Norma Jean (ou  Marilyn étoile du monde)

« Elle hante les hommes qui l'ont connue comme une araignée qui revient sans cesse sur votre plafond »  Sammy Davis Junior

Écorchée vive, intelligente,

Beauté fatale aux cent visages,

Actrice culte éblouissante,

Son aura grandit avec l'âge.

Femme sensible et cultivée,

Légendaire égérie glamour,

Le monde entier est captivé

Par son exceptionnel parcours.

 

Le personnage emblématique,

Doublé d'une joyau sensuel

Au blond vénitien angélique,

Fut sacré star universelle.

Elle a ébloui de grands hommes

Par sa splendeur et son talent,

Icône et reine en son royaume,

Elle reste un mythe étincelant.

 

Marilyn était un poète

Qui voulait réciter des vers

À des gens ne voyant, en fait,

Que l'objet d'un désir pervers.

Alcool et rimmel ont coulé

Dans les flots de sa vie violente,

Elle a choisi de s'envoler

                         Vers son destin d'étoile filante.

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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 16:08
Poème: Ne me quitte pas! (En hommage à Jacques Brel)

 

Le volcan de mon cœur que je croyais trop vieux

Bout de sa lave ardente sans jamais s'épuiser,

Je peux t'aimer encore, je veux t'aimer en mieux,

Mais ne me quitte pas pour un miroir brisé !

Je chanterai ton nom par les vallées et monts,

Sur le toit des forêts je peindrai ton visage,

Et sous les nuages gris je vaincrai les démons

Qui risqueraient un jour d'effacer ton image.

Le soir, j'irai cueillir des étoiles dans le ciel

Pour fleurir le jardin de la joie retrouvée,

Je danserai tout nu sous les pluies torrentielles

Pour inonder d'ivresse nos deux vies éprouvées.

Dans le ciel qui flamboie au coucher du soleil,

Quand le rouge et le noir s'épousent devant la nuit,

Les braises et les ténèbres vont céder au sommeil

Et noyer de silence nos douleurs qui s'enfuient.

Je t'aimerai caché si tu me le demandes,

Dans l'ombre de ton ombre, dans celle de ton chien,

Chacun de tes regards sera comme une offrande,

Mais ne me quitte pas! Il ne resterait RIEN !

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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 18:43
Poème: Patapim Patapam (Hommage à "l'Encantada" du groupe Nadau)

« PATAPIM PATAPAM ! » C'est le bruit de mon cœur

Qui bat pour l'étrangère au visage enchanteur.

Elle est l'étoile filante qui fait briller mon âme

Et tisse au fil des jours mon bel et tendre drame.

Dans son œil danse l'éclair sauvage des mers lointaines,

Nuage insaisissable, elle est ma bohémienne ;

Les soirs de solitude, sur le bord de la nuit,

Je la vois qui s'assoit, elle vient tromper l'ennui.

Les reflets de sa peau, comme un feu d'artifice,

Scintillent sur le miroir moiré des eaux complices,

Mais un rayon de lune vient troubler l'onde et zèbre

Son image qui rejoint l'écran noir des ténèbres.

Emportée par les nues, elle s'envole en laissant

Des parfums exotiques, vanille, ylang ylang,

Qui se propagent dans la rumeur voilée du vent

Et inondent mon esprit d'un vertige émouvant.

Dans le nid de mes bras, mes étreintes en attente

Rêvent avec émotion de caresses hésitantes,

En espérant qu'un jour son cœur batte et s'enflamme

Pour faire sur ma peau nue « PATAPIM PATAPAM ».

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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 18:28
Poème: Le Gascon dans l'Histoire

« Donnez-moi une armée de vrais Gascons, et je traverserai cent lieus de flammes ! » Napoléon

 

 

Son accent chante et roule comme les eaux rocailleuses

Et s'en vient conforter son assurance gouailleuse

Qu'il prend pour excuser le quart d'heure de retard,

Dû, faconde à l'appui, à des tonnes d'avatars.

Le Gascon est hâbleur mais il a du panache,

Dans ses fanfaronnades et son bagout se cachent

Le courage, la hardiesse, que le bon Roi Henri

Avait su déceler derrière les mots d'esprit.

Sur les champs de bataille, ce guerrier téméraire

Colora de bravoure les rangs des mousquetaires,

Sujet du roi de France, il piquait de sa lame

Et de sa repartie pour enjôler les dames.

Les défauts du Gascon en ont fait un héros ;

Grâce à la propension à faire son numéro,

Mis en avant par ses qualités de bretteur,

Il inspira plusieurs de nos fameux auteurs.

               Natif de la Gascogne, en aurais-je hérité ?

Ma verve épouse la vie, j'adore boire et chanter,

Mesdames, je vous propose l'aubade sous le balcon,

Acceptez ! Ce n'est pas une promesse de Gascon !

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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 18:26
Poème: Les vallons d'oxygène

Paysage bucolique de collines et vallons,

Territoire historique au caractère trempé

Où le labeur des hommes s'écoule dans les sillons,

Le Gers est une invite à de belles échappées.

Terroir de l'Armagnac, patrie de D'Artagnan,

La Gascogne foisonne en églises et châteaux,

Abbayes et bastides, beaux écrins en plein champ,

Où de petits cours d'eau serpentent en concertos.

Vin et gastronomie engagent à faire une pause

Sous les arcades ou bien devant les tournesols,

Pour observer le bal des pierres et des briques roses

Ou celui des chevreuils qui courent et batifolent.

Pays aux mille joyaux, la « Petite Toscane »

Se pare de la lumière de sa robe tamisée

Et distille alentour sa douceur paysanne

Sur les fiers pigeonniers, les marchés irisés.

Âme de l'Occitanie à l'esprit mousquetaire,

Le sol de mes aïeux me prendra en silence.

Lorsque le sang gascon quittera mes artères,

Je veux dormir en paix au lit de mon enfance.

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