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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 17:08
Poème: Nos peaux aiment
Poème: Nos peaux aiment

Paul Valéry : "Ce qu’il y a de plus profond

dans l’homme, c’est sa peau".

 

La peau est la fusion, le point d'intersection

De ton corps et du mien. Lieu de prédilection

De nos échanges muets, elle envoie des messages,

Des codes inattendus, des invites au voyage.

 

Terre d'accueil sensuelle, ta peau est une antenne

Qui reçoit les signaux émanant de la mienne,

Elle peut sentir, entendre, capter les sensations,

Résister, succomber, marier les tentations.

 

Son parfum au jasmin fait qu'elle m'est destinée,

Je butine en caresses sur le grain satiné

De l'enveloppe aimée où se blottit ton cœur,

Les papilles enivrées du goût de ta liqueur.

 

Parchemin du désir elle frissonne sous ma bouche,

Frémit sous la brûlure de ma main qui la touche,

Singulière et plurielle, c'est un voile de velours

Que mon souffle fiévreux effleure avec amour.

 

Tendue sur les secrets qu'on dit à demi-mot,

Elle réunit nos âmes pour soulager les maux.

Dans la peau des amants la passion est en germe,

L'aventure amoureuse est affaire d’épiderme.

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 18:50
Poème: Jusqu'à la fin des mondes
Poème: Jusqu'à la fin des mondes

" Y'aura jamais un autre homme pour t'aimer comme lui, dans la vie"  Romain Gary  "La promesse de l'aube" *

 

Le vent peut faire tourner la tête aux continents,

Tempêter mille fois du levant au ponant,

Le tonnerre peut zébrer le ciel de ses éclairs

Et déchirer les airs d'un bruit autoritaire,

 

Les séismes insolents peuvent éventrer les champs

Et lacérer les murs de leurs couteaux tranchants,

Les entrailles de l'enfer peuvent inonder la terre

De la lave insoumise qui fait fondre les pierres,

 

Il peut neiger jusqu'à recouvrir les maisons,

Lorsque le blanc unit le ciel et l'horizon,

Il peut pleuvoir jusqu'à faire déborder les mers,

À en faire vaciller les montagnes altières,

 

Mais la lune fait rêver les oiseaux dans les arbres

Et illumine les nuits de son fier candélabre,

Le soleil vient draper les villages de lumière

Et préside à la course des saisons nourricières.

 

La force des sentiments, l'amour comme un vertige,

N'obéiront jamais aux puissances de prestige,

Qui dominent sans partage sur la terre et sur l'onde.

Je t'aime et je t'aimerai jusqu'à la fin des mondes.

 

* Rendons à Gary ce qui est à Gary, dans sa phrase, il y a "femme" à la place de "homme" et "elle" à la place de "lui".

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 18:47
Poème: Paroles d'enfants
Poème: Paroles d'enfants

«Y'a des personnes qui ont de la neige dans les yeux?»

Demanda ma petite fille en parlant de quelqu'un

Dont je venais de dire: « Il n'a pas froid aux yeux!».

La logique enfantine épouse le sens commun.

« Qui s'y frotte s'y pique », risquai-je une autre fois,

« N'aie pas peur mon Papé », me fit remarquer Line,

« Quand tu fais des bisous, si tu te frottes à moi,

Tu te piqueras pas parce que j'ai pas d'épines ».

Les enfants sont artistes en humour et tendresse,

Leurs mots sont des bouquets de fleurs ensoleillées,

Ils ont une poésie qui sent bon les caresses,

Créative, spontanée, toujours émerveillée.

« Va falloir que je prenne mon courage à deux mains »,

« Mais c'est si lourd que ça?», l'entendis-je répondre.

Les mots de l'innocence n'attendent jamais demain,

Vrais bijoux de candeur, ils me font toujours fondre.

Afin qu'ils ne s'envolent dans le vent de la vie

Et pour les préserver du tumulte étouffant,

Dans ma caverne d'Ali Baba je les convie,

Ces mots qui font mon univers de vieil enfant.

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 22:52
Poème: C'était vachement bien!
Poème: C'était vachement bien!

Elles s'appelaient Margot, Blanchette ou bien Princesse,

Dans leur regard paisible on lisait la sagesse,

Elles rythmaient les saisons au moment des vacances,

Les vaches de mon grand-père qui peuplaient mon enfance.

J'aimais leur nez humide, comme si de la rosée

Sur le mufle brillant venait de se poser,

Dans les yeux en miroir on lisait l'affection

Des colosses au cœur tendre pris de contemplation.

Exhibant sans complexe leur pesanteur burlesque,

Pour célébrer la joie de façon pittoresque,

On les voyait danser dans les verts pâturages,

Jeter les fesses au ciel dans leurs batifolages.

Alors que le front fier affichait sa superbe,

Les nonchalantes mâchoires, où pendait un brin d'herbe,

Se lançaient, humblement, dans une rumination

Qui faisait d'elles les reines de la méditation.

À l'étable en soirée, la chaleur animale

Unissait homme et bêtes dans un bon sens rural,

Pour écarter les mouches les queues fouettaient les peaux,

Tandis qu'un lait écru moutonnait dans le seau.

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 13:33
Poème: Le peuplier de mon enfance

  

Ancré à vie dans ma mémoire,

Il présidait à mon enfance,

 

Celui qui servait de perchoir

 

Aux oiseaux, les nuits de silence.

 

Flagellé par les vents méchants,

 

Battu par les grêles assassines

 

Le peuplier, mon roi des champs,

 

Trônait au milieu des collines.

 

 

 

Émergeant du flou matinal,

 

Sur un fond gris d'aube naissante,

 

On aurait dit une cathédrale

 

Qui veillait fière et bienveillante.

 

Il tendait les bras, comme des ailes

 

En prière tournées vers les cieux,

 

Bruissait de ses feuilles d'aquarelle

 

Et dansait un ballet gracieux.

 

 

 

Torche géante au pied d'argile,

 

Il a fini par succomber,

 

Trahi par ses racines fragiles,

 

Droit comme un fou il est tombé.

 

Quand j'entends hurler la tempête,

 

Je ne peux m'endormir le soir,

 

Mon cœur chagrin devient poète

 

Et fait des vers à sa mémoire.

 

 

  

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 09:56
Poème: Qui a touché l'amour le conserve à ses lèvres
Poème: Qui a touché l'amour le conserve à ses lèvres

Qui a touché l'amour le conserve à ses lèvres,
Entretient sous la peau les frissons de la fièvre.
Il s'en vient, il s'en va, mais jamais il ne meurt
Car le fond de notre âme résonne de sa clameur.

Les rides en mon visage, témoins de ta jeunesse,
Dans lesquelles s'écoulait le flot de notre ivresse,
Me rappellent aujourd'hui que le temps a passé
Mais que le souvenir n'a pas été chassé.

Dans l'ancien lit défait qui sent encore l'amour,
Derrière les volets clos qui nous cachaient du jour,
Je revis les transports de nos chairs épuisées,
De nos mots chuchotés, des gestes improvisés.

Je t'aimerai debout jusqu'au dernier regard,
Jusqu'au dernier moment, sans jamais un écart,
Les narines englouties dans tes cheveux frisés,
Enivré des parfums qui m'ont souvent grisé.

Qui a touché l'amour le conserve à ses lèvres.
Comme un bijou marqué du poinçon de l'orfèvre,
Il embellit mon cœur. Je veux t'aimer encore,
T'aimer à vie jusqu'à en faire trembler la mort.

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 09:53
Poème: La chambre bleue

C'est une chambre d'amours, peinture bleue éraflée,
Témoin des longs soupirs montés du lit défait,
La comédie humaine se joue entre ses murs,
Dans l'univers discret du sommier qui murmure.

Dans ce havre de paix pour des ébats peu sages,
Miroir des habitudes pour amants de passage,
Les murs bleus sont complices des preneurs de tendresse
Qui viennent y raconter leur peine et leur détresse.

Éclipse inavouable pendant l'après-midi,
Ce bain de volupté, pour braver l'interdit
Des corps qui s'abandonnent aux caresses volées,
Fait oublier, un temps, les bonheurs envolés.

Théâtre de la vie qui se joue à huis clos
Dans les ombres du jour, entre rires et sanglots,
Le rêve transgressif tout d'un coup devient vrai
Et redonne un espoir aux journées désœuvrées.

C'est une chambre bleue qui n'ouvre ses persiennes
Que quand le ciel s'apprête à la nocturne scène,
Les derniers rais du jour, lors, balaient les histoires
Et les secrets des hommes d'un monde en blanc et noir.

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 09:49
Poème: Je suis un verbivore

Les mots me permettent d'entrouvrir
Des portes qui donnent sur un espace
Que je me dépêche de remplir
Avant qu'un autre prenne la place.
Ils sont ma façon de me taire
Ou de hurler sans faire de bruit,
Un moyen des plus salutaires
Pour mettre à l'index les ennuis.

Les mots sont une histoire d'amour
Entre soi, les choses et les gens,
Ils peuvent danser avec humour,
Être obligeants ou dérangeants,
Moi, je les adore fantaisistes,
En liberté et poétiques,
Lorsqu'ils font les contorsionnistes
Sans pourtant tromper l'esthétique.

Les mots sont une respiration
Qui purifie le corps et l'âme
Dans la vraie vie ou la fiction.
Je les brandis comme l'oriflamme,
Qui, dans le vent, bat fièrement,
Pour regrouper les égarés,
Les attirer comme un aimant
Avant qu'ils soient accaparés.

Tes mots dans mon lit font des miettes
Qui viennent me parler dans la nuit,
Ils s'agitent comme des marionnettes
Pour réveiller mes rêves enfouis,
Ils rock'n'rollent et se mélangent
En un concert jubilatoire. 
C'est des bouts d'amour que je mange
Afin qu'ils me disent ton histoire.

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 09:46
Poème: Bruits de casseroles
Poème: Bruits de casseroles

Tête haute et mains propres, nos élites politiques,
Irréprochables élus aux discours ambitieux,
N'ont de cesse de mentir et de souiller l'éthique
Qu'ils jurent de protéger, les yeux bien dans les yeux.

Elle est belle la brochette de ces hommes et ces femmes,
Représentants du peuple, qui s'en mettent plein les poches,
Cocufient l'électeur sans aucun état d'âme.
L'argent n'a pas d'odeur, ni à droite ni à gauche!

Magouilles, emplois fictifs, fraude et exil fiscal,
La liste est bien trop longue des régaliens délits.
Les déboires judiciaires aux effluves fécales
Ternissent la République et salissent son lit.

On exhorte le peuple à serrer la ceinture,
On prône l'austérité sans l'appliquer à soi.
Que l'oligarchie crève avec son imposture!
Elle spolie l'ouvrier pour soigner l'entre-soi.

Mesdames et messieurs, tripatouilleurs de France,
Les gens d'en bas ne croient plus à votre parole,
Ils vous voient en apôtres de la désespérance,
Vous reconnaissent de loin, au bruit des casseroles.

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 16:57
Poème: Écrire, comme une évidence

Tout comme un bûcheron qui joue de sa cognée,
J'abats sur le clavier mes mains en liberté,
En peine avec les mots mais jamais résigné
J'ahane au labeur qui consiste à les dompter.

Chaque ligne est une lutte et une libération,
Parcours du combattant, le bonheur est au bout.
Je corrige sans arrêt, tendu vers l'obsession
D'ensorceler le verbe, jouer au marabout.

C'est une grande émotion que ciseler une phrase
Quand autour de celle-ci, plus rien d'autre n'existe,
Dès qu'elle chausse ma pensée, je demeure en extase
Pendant le court instant où je me sens artiste.

L'univers de l'écrit est tout en paradoxe,
Comme un loup solitaire dans une prison dorée,
Je pourchasse les idées, les débusque et les boxe
Pour les ouvrir au monde et donc les honorer.

Stakhanoviste de la plume jusqu'au vertige,
Dans les mers abyssales je traîne en écumeur
Et je tutoie les cimes sur lesquelles je voltige,
À la recherche de mots qui épousent mon humeur.

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